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 Yasmina Khadra : "Il n'existe pas d'opposition à Bouteflika"

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MessageSujet: Yasmina Khadra : "Il n'existe pas d'opposition à Bouteflika"   Dim 14 Déc - 19:39

L’écrivain et directeur du Centre Culturel Algérien à Paris, Yasmina
Khadra, s’exprime, dans l’entretien qui suit, de son dernier roman, de
la censure en Algérie et du troisième mandat de Bouteflika

1- Ce que le jour doit à la nuit raconte l’histoire d’un algérien
vivant parmi les français dans une Algérie colonisée. Pourquoi ce
choix, et quel message vouliez-vous passer à travers ce livre ?


Yasmina Khadra : Il n’y a pas de message, mais une nécessité littéraire
de raconter l’Algérie coloniale en essayant de replacer chaque chose
dans son contexte. L’histoire de l’Algérie est fascinante. Il me suffit
d’ouvrir n’importe quel livre pour m’y diluer, traverser les
générations et revivre des époques instructives, denses, chargées de
repères aujourd’hui disparus ou travestis. Il me tenait à cœur de
revisiter mon pays, d’essayer de le voir sous un angle personnel afin
de mieux me l’approprier. Kateb Yacine, Mohammed Dib, Mouloud Mammeri,
Feraoun, Mechakra, Moufdi Zakaria, Al Khalifa, pour ne citer que ces
monuments, m’ont largement initié. Camus, Gide, chacun avec son talent,
parfois avec ses maladresses et ses approches révoltantes de morgue et
de raccourcis (Guy de Maupassant, entre autres), m’ont interpellé. Je
suis la somme de tous les écrivains qui m’ont nourri, la synthèse des
livres qui m’ont éveillé aux êtres et aux choses. J’ai voulu, à mon
tour, apporter ma pierre à l’édifice. Une pierre parmi d’autres.
J’estime que notre pays reste encore, et encore à découvrir.

2- Le roman est une belle histoire d’amour, qui connaît des
déchirements, mais qui finit par la réconciliation et le pardon.
Aujourd’hui le passé reste toujours vif, et des tensions entre les deux
rives de la méditerranée existent encore. Etes-vous optimistes pour
l’avenir, sachant que la France sous Sarkozy, a permis à un certains
moment aux partisans de l’Algérie française de tenir des propos
blessants notamment à travers le fameux article 23, abrogé, qui
glorifiait la colonisation française, particulièrement en Afrique du
Nord ?


YK : Politiquement, il reste beaucoup à faire pour que l’Algérie et la
France puissent un jour se regarder en face. Les calculs et les haines
torpillent l’ensemble des initiatives louables, et les slogans
séditieux supplantent parfois les chants et les prières. Bien sûr,
l’immaturité d’une certaine élite politicienne, nostalgique et
revancharde, fausse les débats, mais les peuples se doivent de dépasser
les traumatismes afin de construire, ensemble, des lendemains moins
incléments, plus raisonnables et plus justes. Glorifier la colonisation
est une grossière manœuvre, une indélicatesse malencontreuse. Par
respect pour les morts des deux camps, nous devons plutôt panser les
blessures et ranger au placard le chauvinisme et la cocarde qui ne
sont, en réalité, que des artifices pour noceurs déphasés.

3- Votre roman, n’a pas été cité pour les grands prix littéraire en
France. Votre vive réaction dans le journal Le Parisien a crée une
polémique dans le milieu littéraire parisien. Pensez-vous êtes victime
du racisme ?


YK : Je n’aime pas l’injustice, et je la dénonce partout où je la
rencontre. J’ai dit ce que je pense de ces institutions, et c’est tout.
Pour qu’un écrivain avance, il faut qu’il tourne la page. En ce qui me
concerne, c’est chose faite. Ce qui m’importe est mon lectorat.

4- « Ce que le jour doit à la nuit » vient de recevoir deux
distinctions : il est élu le meilleur roman de l’année 2008 en France
et a décroché le Prix du roman France télévision 2008. Cela vous
satisfait-il ?

.
YK : Je crois qu’une dyslexie bien de chez nous rend la réception de
mes propos totalement biaisée. Je n’ai pas parlé de la France, ni de
Paris, mais du petit milieu parisien. La France est le pays qui m’a le
plus soutenu. De la Médaille d’or de l’Académie française à la Légion
d’honneur, du prix des Libraires à ceux des lecteurs, des critiques aux
lycéens, jamais aucun pays ne m’a renouvelé avec autant d’enthousiasme
sa confiance. Je n’ai jamais réclamé de prix. J’ai eu le courage
intellectuel de mettre le doigt sur une absurdité.

5- Que pensez-vous du dernier salon du Livre d’Alger et de la censure
qui a frappé certains écrivains algériens et étrangers. Quelle votre
réaction au limogeage d’Amine Zaoui ?


YK : Le Salon d’Alger se doit de s’ouvrir aux idées, aux débats et aux
rencontres plurielles. Il est impératif de le confier aux
professionnels, et non aux fonctionnaires. C’est un rendez-vous
ambitieux et un territoire de découverte et de conquête. C’est aux
journalistes, aux éditeurs et aux Amis du livre qu’échoit la mission de
l’organisation à tous les niveaux : conférences, signatures,
attributions des prix littéraires, etc. Or, le Salon d’Alger est confié
à des fonctionnaires qui, souvent, risquent leur poste à la moindre
erreur, d’où ces précautions excessives qui bloquent des livres dans
les ports, excluent des auteurs controversés, imposent la censure et
fausse l’ambiance festive censée enthousiasmer les foules et les
convives. Quant au limogeage d’Amine Zaoui, il rappelle des centaines
d’autres limogeages qui s’opèrent dans le monde. J’ignore ce qui s’est
passé et n’ai pas d’avis à donner là-dessus. Ce que je sais, c’est
qu’Amine Zaoui s’était beaucoup investi dans son travail. Il a apporté
un souffle formidable à la BN et lancé des projets titanesques à
travers le pays, telles les caravanes du livre, les mille
bibliothèques. Il a enrichi le programme de la BN en y conviant des
intellectuels et des poètes de grande envergure.

6- Quand vous êtes arrivé au CCA de Paris, vous l’aviez trouvé
moribond. Qu’est-ce que vous avez pu réaliser comment changements
depuis vous que dirigez ce centre et quels sont vos projets d’avenir
pour cet établissement?


YK : Je l’ai trouvé à l’image de la mentalité des Algériens : livré à
lui-même. Un CCA détesté par les siens, isolé dans sa convalescence, et
boudé par ceux-là mêmes qui sont censés lui insuffler de l’audace et de
l’engouement : les artistes et les écrivains qui n’arrivent pas à
dissocier le Régime de l’Algérie. Cette mentalité a la peau dure. Elle
refuse de s’assagir, et c’est dommage. J’essaye de m’appuyer sur
quelques bonnes consciences pour faire avancer les choses, et j’y
arrive bien. J’ai envoyé 3 universitaires d’Algérie aux USA, et il y en
aura d’autres ; je suis en relation avec certaines universités
européennes pour provoquer des projets universitaires avec l’Algérie (
tel l’IEP d’Aix-en-Provence ), et j’essaye d’élargir les champs de
manœuvre du CCA en me joignant à des projets collectifs et
internationaux dans le domaine artistique. Cependant, je reste perplexe
quant au support médiatique qui devrait accompagner les efforts
consentis. D’éminents artistes viennent exposer au CCA, des
conférenciers et des personnes intéressantes y sont invités, et nos
médias préfèrent regarder ailleurs. J’ignore s’il s’agit d’un état
d’âme, d’une hostilité viscérale pour la chose culturelle ou d’une
connivence assassine; dans les deux cas de figure, c’est triste.

7- que pensez-vous du troisième mandat de Bouteflika ?


YK : Que c’est un aboutissement naturel. L’opposition étant devenue une
rente. Seuls les Islamistes militent concrètement, avec détermination
et efficacité. Ils disposent d’une vraie doctrine et s’appuient sur une
stratégie réaliste et gérable pour un projet de société clairement
défini : un état théocratique. Les autres partis ne sont que des
caisses de résonnance durant les élections, et des caisses noires en
temps de jachère et des siestes post-digestives.

Entretien réalisé par Fayçal Anseur


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MessageSujet: Re: Yasmina Khadra : "Il n'existe pas d'opposition à Bouteflika"   Lun 15 Déc - 22:24

rien à dire de plus il a tous dit juste une question en qq mots ou va l'Algérie avc cette politique disant démocratique!!!! ?????
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MessageSujet: Re: Yasmina Khadra : "Il n'existe pas d'opposition à Bouteflika"   Lun 15 Déc - 22:29

vers une dictature !


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MessageSujet: Re: Yasmina Khadra : "Il n'existe pas d'opposition à Bouteflika"   

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Yasmina Khadra : "Il n'existe pas d'opposition à Bouteflika"
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