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 Victor JARA.

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jessy_james
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MessageSujet: Victor JARA.   Jeu 30 Avr - 13:55



Víctor Lidio Jara Martínez (San Ignacio, région du Biobío, 28 septembre 1932 - Santiago, 16 septembre 1973) était un chanteur, auteur et compositeur populaire chilien.
Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las Casitas del Barrio Alto, Ni Chicha Ni Limona), contestent la guerre du Viêt Nam (El Derecho de Vivir en Paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido De Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l'amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda).
Arrêté par les militaires lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (qui se nomme aujourd'hui Estadio victor jara ) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers. Il est assassiné le 15 septembre après avoir eu les mains brisées à coup de botte et de crosse de fusil.

Une jeunesse chilienne

Victor Jara est né d'un couple de paysans modestes, installés non loin de la capitale chilienne. Il semble que sa mère était elle-même chanteuse à ses heures, ce qui a pu inspirer le jeune Victor, auquel elle apprit les rudiments de la guitare. Ses connaissances musicales ne sont donc pas académiques, mais ancrées dans le terroir populaire chilien. La mort prématurée de sa mère l'affectera durablement. Monté à la capitale, Victor fréquente le séminaire, puis intègre l'université du Chili où il participe au projet "Carmina Burana" (1953). La même année, il débute un travail de recensement du folklore chilien. En 1956, il intègre la compagnie de Mimos de Noisvander, et se forme au théâtre et au jeu d'acteur. Il rejoint ainsi la compagnie de l'université du Chili.

Entre théâtre et musique: l'impossible choix


Ses carrières théâtrale et musicale suivent des trajectoires parallèles à partir de 1957. Il intègre le groupe "Cuncumén" de Margot Loyola, spécialisé dans les danses et les musiques folkloriques, au sein duquel il rencontre Violeta Parra, qui le poussera à suivre une carrière de chanteur. Il deviendra le chanteur solite du groupe. Parallèlement, il réalise sa première mise en scène, d'après une oeuvre d'Alejandro Siveking, ce qui lui permet de voyager en Argentine, au Vénézuela, au Paraguay et à Cuba (1959). Il restera fidèle à cet auteur, tout en explorant d'autres pistes, mettant en scène du Cruchaga, la "Mandragore" de Machiavel, du Raúl Ruiz ou du Brecht. Directeur artistique du collectif "Cuncumén", il réalise une tournée en Europe en 1961 (France, Hollande, URSS, Europe de l'Est...). La même année, il compose son premier morceau, une ballade folklorico-poétique, "Paloma Quiero Contarte".
Ses qualités artistiques sont appréciées, puisqu'il devient en 1963 directeur de l'Académie folklorique de la Maison de la Culture de Ñuñoa, et intègre l'équipe de direction de l'institut théâtral de l'université du Chili (Ituch). Il sera ainsi professeur de plateau de 1964 à 1967, dans la cadre de l'université. En 1965, il est primé, et la presse commence à s'intéresser à ce directeur d'acteurs infatigable et talentueux. Sa carrière musicale n'est pas entre parenthèses pour autant, puisqu'il prend la direction du collectif Quilapayún en 1966. La même année, alors qu'il est assistant à la mise en scène de William Oliver sur une oeuvre de Peter Weiss, il enregistre son premier disque avec le label "Arena".



La notoriété


En 1967, c'est la consécration. Encensé par la critique pour son travail théâtral, il est invité en Angleterre par le consul britannique. Parallèlement, il enregistre avec la maison de production "Emi-Odeón", qui lui remettra un disque d'argent.
La période 1969-1970 marque l'apogée de sa carrière théâtrale. Professeur invité à l'Ecole de théâtre de l'université catholique en 1969, il monte "Antigone" de Sophocle. Il monte également "Viet-Rock" de Megan Terry avec l'Ituch. En 1970, il est invité à un festival international de théâtre à Berlin, et participe au premier Congrès de théâtre latinoaméricain à Buenos Aires.
Sa carrière de chanteur et de compositeur prend par ailleurs son rythme de croisière. Il gagne en 1969 le premier prix du festival de la nouvelle chanson chilienne, et chante lors du meeting mondial de la jeunesse pour le Vietnâm à Helsinki. Cet engagement politique de plus en plus affirmé ne le détourne pas de sa boulimie créatrice: il enregistre l'album "Pongo en tus manos abiertas" avec le label "Dicap" en 1969, et reste en contact avec "Emi-Odeón" pour un nouvel opus.

La chanson comme un choix politique


En 1970, il renonce à prendre la direction de l'Ituch. Ce choix est fondateur d'un nouvel engagement politique, car il s'engage dans la campagne électorale du parti "Unidad Popular" de Salvador Allende. Victor Jara estime à l'époque qu'il peut être plus utile par la chanson, ce qui lui donne l'opportunité de s'adresser au pays entier. Cette nouvelle option, qui lui fait délaisser le théâtre, est confirmée par la parution chez "Emi-Odeón" de l'album "Canto libre" en 1970.
De fait, il se met vite au service du gouvernement "Unidad Popular". En 1971, il rejoint le ballet national, puis le département des technologies de la communication de l'université technique de l'Etat. Devenu l'ambassadeur culturel du gouvernement Allende, il organise des tours de chant dans toute l'Amérique latine et participe à plusieurs émissions de la télévision nationale chilienne, pour laquelle il composera entre 1972 et 1973. A la sortie de son opus "El derecho de vivir en paz" (Dicap, 1971), il est sacré meilleur compositeur de l'année.
Comme le précedent opus, la sortie de "La población" (Dicap, 1972) témoigne de la ferveur communiste et nationaliste de l'artiste. Il réalise en 1972 une tournée en URSS et à Cuba, où il est invité pour le Congrès de la musique latinoaméricaine de La Havane. Présent sur tous les fronts, Victor Jara dirige également l'hommage au poète Pablo Neruda (qui vient de reçevoir le Prix Nobel) dans la Stade National de Santiago, et n'hésite pas à s'enrôler parmi les travailleurs volontaires lors des grandes grèves de 1972.
Soutenant toujours activement la campagne législative "Unidad Popular" en 1973, il chante lors de programmes dédiés à la lutte contre le fascisme et contre la guerre civile à la télévision nationale. Il réalise par ailleurs un tour de chant au Pérou à l'invitation de la Maison nationale de la Culture de Lima. L'année 1973 est également l'occasion de travailler sur ses derniers enregistrements, qui mettent à l'honneur le patrimoine culturel et musical chilien. Il en résulte un album, "Canto por traversura", qui sera plus tard interdit à la vente.


Le martyre et le mythe

Aux élections législatives de mars 1973, Allende perd le contrôle du parlement, bien qu'il reste chef de l'Etat. Il décide de légiférer par décrets afin de passer outre l'assemblée, et recherche un massif soutien populaire. Le Chili est au bord de la guerre civile. En août 1973, Allende nomme Augusto Pinochet à la tête de l'armée. Avec le soutien des Etats-Unis et des grands propriétaires chiliens, Pinochet renverse le gouvernement Allende le 11 septembre 1973. Une répression féroce s'abat sur les milieux pro-Allende et pro-communistes.
Le jour du coup d'Etat de Pinochet, Victo Jara est en route vers l'université technique de l'Etat où il officie depuis 1971, pour l'inauguration chantée d'une exposition avant de rejoindre Allende au palais présidentiel. Chantre du régime renversé, il est enlevé par les militaires et transféré au Stade National en compagnie d'autres militants pro-Allende. On le tortura en lui coupant les doigts et la langue, ceci symboliquement pour qu'il ne puisse plus chanter ou propager des idées allant en l'encontre de la dictature de Pinochet ; il meurt ensuite criblé de balles le 16 septembre 1973, quelques jours avant son 41ème anniversaire. Son corps rejoindra celui de tous les anonymes massacrés durant la répression. Cet épisode sera ensuite chanté par Julos Beaucarne dans son texte Lettre à Kissinger, chanté ainis par le group révolutionnair algérien DEBZA

Son martyre correspond aussi à la naissance d'un mythe. Ses derniers instants sont devenus célèbres dans le Chili post-Pinochet grâce au témoignage de l'écrivain Miguel Cabezas. Après l'avoir passé à tabac, les militaires lui auraient tranché plusieurs doigts avant de lui intimer l'ordre ironique de chanter. Victor Jara aurait défié les sbires de Pinochet en se tournant vers les militants détenus avec lui et en entonnant d'une voix brisée l'hymne de l'Unité Populaire:"El pueblo unido jamás será vencido" . Les militaires furieux l'auraient alors exécuté par balles, ainsi que la majorité des militants qui avaient repris son chant en choeur .


Lettre de KISSINGER

On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l’officier, une hache apparut. D’un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d’un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s’écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6000 détenus. L’officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : ” Chante maintenant pour ta putain de mère “, et il continua à le rouer de coups. Tout d’un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l’on entendit sa voix qui nous interpellait : “On va faire plaisir au commandant.” Levant ses mains dégoulinantes de sang, d’une voix angoissée, il commença à chanter l’hymne de l’Unité populaire, que tout le monde reprit en chœur. C’en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D’autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était MORT

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MessageSujet: Re: Victor JARA.   Jeu 30 Avr - 14:51



chanson du GROUP DEBZA en hommage à Victor JARA.
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MessageSujet: Re: Victor JARA.   Jeu 30 Avr - 15:02

Une très jolie biographie très interessante


La plupart des peines n'arrivent si vite que parce que nous faisons la moitié du chemin.



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MessageSujet: Re: Victor JARA.   

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Victor JARA.
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