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 La culture en Algérie, parent pauvre d’un pays riche

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Dulce
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MessageSujet: La culture en Algérie, parent pauvre d’un pays riche   Sam 6 Juin - 20:10

En Algérie, la culture, mise à mal par les différentes politiques improvisées qui l’ont reléguée au second plan et en ont fait une sorte de discipline récréative occasionnelle, a bien de la peine à se relever pour reconquérir sa place et occuper le devant de la scène.

Hommes de théâtre, de lettres, artistes et autres férus de culture font de leur mieux pour la ressusciter, la diffuser et bien l’asseoir dans les esprits et les mœurs, semer cette graine qui croîtra, se développera et s’épanouira pour devenir immortelle et éternelle.

La socialisation de la culture passe obligatoirement par la tutelle mais aussi et surtout, par le mouvement associatif activant dans le secteur et qui se doit de porter cette flamme et cette passion dans les milieux populaires qui l’accueilleront, la protégeront et qui, à leur tour, la développeront pour passer cette lumière aux générations futures.

A Annaba, du côté de la direction de la culture, on s’évertue à inculquer cette discipline en multipliant les manifestations et actions en direction des populations pour leur faire découvrir et apprécier les différentes formes d’expression, particulièrement celles ayant pour thèmes le vécu algérien, la tradition, la vie en société, les musiques du terroir mais également ce qui est universel et humain pour «réapprendre» à l’Algérien la tolérance, la compréhension de l’Autre avec toutes ses différences pour mieux l’accepter et l’admettre.

Le grand retour du théâtre à Annaba avec les différentes pièces qui y ont été jouées, les représentations d’artistes aux monologues
inoubliables, les concerts de musique, les conférences et les récitals poétiques ont drainé des milliers de personnes qui ont communié ensemble et apprécié ces formes d’expression.

Si, au départ, les salles étaient aux trois quarts vides- ce qui n’a pas découragé les organisateurs- la situation a changé depuis et on se bouscule maintenant pour s’y rendre et y passer des moments agréables, de détente, mais aussi pour découvrir et apprendre avec un effet cathartique garanti. On y va avec plaisir et on rentre chez soi satisfait pour en parler le lendemain au bureau ou dans son quartier, ce qui suscite la curiosité du voisin qui se déplacera pour aller profiter du spectacle raconté.

Au théâtre de Verdure, un espace à ciel ouvert, les chaudes nuits d’été? des centaines de familles se pressent sur les gradins pour suivre le jeu des acteurs sur les planches, pour répéter avec les artistes une chanson ou un air apprécié tous. On y vient de partout et parfois on arrive à l’avance pour pouvoir s’installer aux premiers rangs et ainsi ne rien rater du spectacle et suivre toutes les répliques. Les pièces pour enfants ont toujours fait un tabac, le théâtre est pris d’assaut par les bambins qui obligent leurs parents à les accompagner dans ce monde imaginaire qu’ils veulent traverser en regardant ces pièces admirablement jouées par des artistes dévoués à cet art tout particulier à l’adresse des petits.

L’enfant y découvre la vie dans toutes ses dimensions, les rapports entre les individus et le cheminement d’une histoire avec, bien sûr, cette part d’imaginaire pour donner sa place, toute sa place, au rêve. Ainsi, les petits se feront une idée de la vie en société tout en faisant la différence entre le réel et l’imaginaire. La culture s’incruste, s’installe dès cet âge pour ensuite croître et devenir incontournable, elle sera omniprésente, dans un petit geste, un comportement, une réaction, une expression et c’est là la finalité.

A la direction de wilaya de l’éducation, ce sont les concours et compétitions entre élèves qui essayent à travers ce moyen de semer cette graine. Les rédactions primées sont récompensées, elles sont lues comme modèles dans tous les établissements pour créer une sorte d’émulation entre apprenants. Les lauréats sont fêtés par tous et gratifiés au cours d’une réception ; le livre étant la vedette adulée par tous.

Les associations dépourvues de moyens tentent de leur côté d’investir le terrain en organisant des excursions sur les sites historiques et archéologiques pour faire découvrir les vestiges laissés par nos ancêtres et ainsi réconcilier l’Algérien avec ses repères et son identité à maintes fois spoliée par un syncrétisme qui se manifeste encore de nos jours par certains comportements heureusement rejetés par la majorité. Dans les quartiers populaires, des groupes de jeunes se rencontrent, forment des groupes musicaux qui se produisent dans les fêtes et bercent de leurs notes les centaines de spectateurs. Ces groupes soutenus par ces associations essayent de survivre malgré tout en donnant le meilleur d’eux-mêmes avec des moyens souvent rudimentaires.

La culture, parent pauvre d’un pays riche, essaye tant bien que mal de retrouver sa place d’antan dans un environnement qui, hélas ne lui est pas toujours favorable, le maigre budget qui lui est alloué n’est pas pour la développer, ni la «maintenir en vie».

On ne veut pas dépenser et on soutient qu’elle est onéreuse et pas «rentable» mais comme on dit, si la culture coûte cher, essayez donc l’ignorance ! En dépit de tout cela, elle continue son petit bonhomme de chemin et s’imposera certainement, l’homme ne pouvant vivre sans culture.


La plupart des peines n'arrivent si vite que parce que nous faisons la moitié du chemin.



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MessageSujet: Re: La culture en Algérie, parent pauvre d’un pays riche   Sam 6 Juin - 20:11

La socialisation de la culture attend toujours son heure

La question posée est : «Quelles sont les actions menées par le mouvement associatif ou l’administration pour la socialisation de la culture ?» Sinon que font ces deux derniers pour exporter la culture en dehors de la cité et la porter vers des lieux… enclavés ou des milieux collectifs précis, exemple : les établissements scolaires, mais aussi les catégories marginalisées : hameaux, lieudits… ?

Pour sortir d’un lieu, il faudrait auparavant y être entré. Pour exporter toute action culturelle en dehors de Constantine, il faudrait que celle-ci soit d’abord «victime» d’une overdose en la matière.

Or, excepté des Festivals de malouf, aïssaouas et de musique jazz, et assez récemment des rencontres poétiques spécifiquement féminines, un ensemble d’activités comptabilisable sur les doigts d’une main, il n’existe aucun risque de noircir beaucoup de feuilles sur un bilan annuel.

Donc parler d’activités déjà dans les douze communes importantes de la wilaya mais au sens réellement didactique serait faire dans la plus éhontée des prétentions. Alors évoquer des hameaux, lieudits ou îlots d’habitations isolés serait faire injure à leurs populations qui préfèrent sous un blafard lampadaire égrener le temps à se crever les tympans dans des parties homériques de dominos, les enfants de ce qu’ils auraient aimé être ou faire et auquel ils ne parviendront pas lorsqu’ils auront atteint l’âge adulte, ceux entre deux âges d’être en mesure de réussir (à l’image des self-mad-men des romans) s’ils avaient les moyens financiers de démarrer une petite affaire à commencer par une petite table de cigarettes et, enfin, les femmes à parler des dernières turpitudes de l’un des multiples feuilletons turcs qui passent sur les chaînes arabes, sinon du mariage de la fille d’un lointain parent citadin qui a réussi puisqu’il roule en 4x4.

Donc pas question de parler de ces populations clandestines de l’existence et également moins des élèves des établissements scolaires qui ont droit à une visite groupée du rébarbatif musée lors du Mois du patrimoine, une virée réplique d’une odyssée qui ne dit pas son nom à Tiddis où les vestiges romains et autres civilisations sont expliqués par, est-il susurré, un ancien garde communal reconverti pour services rendus en guide et évidemment pour ne pas mettre au chômage un père de famille.

Alors, nous avons tenté au début de ce mois de juin de poser la question à un groupe de personnes, des anonymes sans doute non représentatifs en ce sens que le panel est arbitrairement constitué, une question sur l’événement qui aurait marqué le mois de mai à Constantine. Rappelons que le mois du muguet est aussi celui où sont commémorées des dates indélébiles comme le Premier Mai, mais aussi le 3 qui est la Journée mondiale de la liberté d’expression, le 19 mai, Journée de l’étudiant, le printemps théâtral et le Festival de DimaJazz.

Très franchement, c’est avec l’idée de quantifier l’impact de DimaJazz que nous avons entrepris cet humble sondage parce que convaincu en notre for intérieur que c’est évidemment le seul événement marquant pour la période considérée.

Les réponses obtenues sont allées dans deux sens sauf celui escompté. L’événement majeur retenu par les «questionnés» est pour les hommes «la situation qui prévaut au CS Constantine et la motion de défiance des membres de l’AG à Mazar». Pour les femmes, ce sont plutôt «les désagréments dus au derby MOC-CSC»… sauf que celui-ci a eu lieu en… avril.
Indépendamment de la question de sexe, ils ont été unanimes à évoquer également «l’intoxication alimentaire qui a eu lieu dans une cité universitaire [Khroub, ndlr]». Le constat coule de source par voie de conséquence.

Comment envisager l’exportation de la culture vers des endroits éloignés, enclavés ou marginalisés quand, dans la cité même, au sens le plus noble, elle ne semble pas exister et dévoile, on ne peut mieux, le déficit des
organisateurs, s’il s’agit d’indépendants, et des organismes des pouvoirs publics, s’il s’agit de l’administration, à polariser l’intérêt des habitants sur un événement sur lequel ils restent les seuls à se gargariser et surtout par lequel ils grèvent le Trésor de l’Etat sans parvenir à matérialiser l’utilité publique de leur action.

Eloquente l’appréciation d’un mélomane qui n’a pas approché une seule fois le dernier DimaJazz : «Il semblerait, selon ce qui a été rapporté par vos confrères, que le festival de cette année ait coûté 5 milliards de centimes. Je ne suis pas contre une telle manifestation, mais je me dis qu’un événement d’une telle dimension, du moins au regard de ce qui se dit dans les journaux, aurait du mérite à faire la notoriété la ville non pas uniquement sur le plan national mais international. Or, j’ai franchement l’impression que le trip de 400 personnes [nombre de spectateurs par soirée] revient quand même trop cher d’autant plus que, selon d’autres musiciens, celui-ci [DimaJazz] est nettement moins qualitatif comparativement à celui de l’année écoulée».

Par la Tribune


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